Route en direction de l’est, vers Koulikouro, à 60 km de Bamako.
Route en direction de l’est, vers Koulikouro, à 60 km de Bamako.
Le long du fleuve Niger cette fois. C’est dans une pollution insoutenable que je quitte la ville. Les camions, voitures et motos, crachent une épaisse fumée noire. Arrêt chez un mécano vélo resserrer le jeu que j’ai dans une de mes pédales. Clé à pipe de 12. J’arrive tôt à Koulikoro. Je déguste quelques alocos et discute longuement avec Ousmane Diarra, un épicier. Il m’offre un Coca. Il viendra ce soir pour le départ du bateau qui va, je l’espère, me conduire jusqu’à Diafarabé. Passage chez le coiffeur. Le type a bien du mal à me couper les cheveux. Je ressors, pas avec la tête rasée, mais presque. C’est clair, je vais être tranquille pour quelques bonnes semaines. En attendant le départ, je rencontre trois jeunes français, Kévin, Pasquale et Clément. Ils arrivent du Bénin et vont à Mopti. Nous partageons nos voyages. Dans la soirée le bateau quitte l’embarcadère. Pas très loin, le ciel crache le feu. Le ciel s’illumine et le fleuve Niger nous montre son corps dans la nuit. D’immenses éclairs relient le ciel à la terre. Puis le tonnerre résonne sur le fleuve. Nous tournons en rond. Danse rituelle d’avant départ ? Avant de partir l’épicier Ousmane, est venu me saluer avec ses amis. Il m’offre un petit tambour. Je suis très ému de ce signe de sympathie. Très surpris aussi. J’apprécie vraiment l’hospitalité Malienne. Un peuple vraiment simple. Tranquille, vraiment. Accueillants. D’une très grande disponibilité. A l’écoute. Mais je pense sous pression. Les prochaines élections en 2007, seront révélatrices du malaise.
Mort de fatigue, je tombe dans un sommeil profond. A mon réveil, l’équipage est à l’eau en train d’œuvrer à sortir le bateau échoué sur un banc de sable depuis notre départ d’hier soir. Ca commence mal ! Nous avons donc 12 heures de retard et personne ne s’affole. Même pas mois. Même plus mois… A la force d’un levier de bois, les hommes finissent par remettre le bateau dans le lit du fleuve. Il semble que le gouvernail soit maintenant gâté. On s’arrête. On répare. On repart. On s’échoue une nouvelle fois sur un autre banc de sable. Pour quelques heures seulement… Je me repose sur le bateau. Je dors beaucoup les premiers jours. C’est bon de se laisser porter et guider au fil de l’eau sur ce légendaire fleuve. Il y a quatre classes à bord. Cabine de luxe. 1er classe, 2ème et 3ème (le pont quoi). J’ai pris une cabine de quatre places en 2ème. Je me retrouve donc avec les trois jeunes français. Il y aura pour moi, trois ou quatre nuits à passer à bord jusqu’à Diafarabé. La vie s’organise sur le pont. Les gamelles fument sur les petits fourneaux à charbon. On y vend un peu de tout. Le pont est surchargé de marchandises en tous genres : patates douces, billes de bois, mobylettes, il y a même une voiture. Tout en route pour Tombouctou.
Je discute pas mal avec l’équipage. Les mécanos et les chefs des mousses, un bozo qui aime se jeter à l’eau et montrer qu’il sait nager. Nous prenons néanmoins beaucoup de retard. Le bateau est toujours arrêté. Problèmes mécaniques. Le Général A Soumaré à 41 ans ! Mais je laisse aller. Je ne suis pas pressé. J’aimerais simplement passer un lundi à Djenné, jour de marché. Maintenant, les lundi reviennent… tous les lundi.