Journée tranquille. J’ai juste quelques difficultés à me faire au tô sauce gluante… Après une bonne sieste, je sillonne le village. Passage le long des berges. Photos des petits pêcheurs au bord de l’eau jetant l’épervier. Je reste encore une journée pour partir avec Kader et une délégation à Kerra. C’est un village Bozo, peuple pêcheur. A cause de la sécheresse, ces pêcheurs sont obligés de venir cultiver les terres. La vente de leurs poissons, si rares, ne leur suffit plus à acheter du riz. Malheureusement les Bozos ont commencé sur un gîte des travaux de défrichement, creusé des canaux d’irrigation et ont même obtenu une subvention de l’état pour l’achat d’une grosse moto-pompe pour remplir les rizières. Un gîte comme je l’expliquai, est un terrain où le bétail des peuls transite au moment des retours de transhumances, jusqu’à la grande traversée du fleuve Niger et de ses affluents.
Après une assemblée dans la salle de réunion du chef du village, nous partons donc en petit comité, composé de Kader (chef du village de Diafarabé), du vétérinaire, du chef des eaux et forets, du 1er adjoint au maire, de Kola Barry, chef des bergers peuls et de trois éleveurs. Nous rencontrons les Bozos après une heure de pirogue sur le Diaka, affluent du Niger, nous conduisant à Karra. Sur la berge, quelques troupeaux bendy. Ce sont les vaches qui restent ici pour assurer une productions laitière pour le village contrairement aux troupeaux gardy qui partent jusqu’en octobre aux frontières de la Mauritanie. Les discussions et palabres durent plusieurs heures. Mais tout cela calmement. Les Bozos reconnaissent le fait d’avoir commencé à exploiter une terre de gîte. Les peuls de Diafarabé devront donc trouver une autre terre puisque les investissements financiers et humains sont conséquents. A la fin de la réunion, les Bozos nous offrent un repas, sans poisson, c’est dire la période de crise ! Dans la soirée, je pars à la pêche avec un piroguier. Bon moment. La chance est avec nous. Un gros poisson ! Photo !